Au début des années 1850, la photographie a déjà parcouru un long chemin. Nicéphore Niépce a obtenu les premières images photographiques permanentes grâce à l’héliographie, Louis Daguerre a rendu célèbre le daguerréotype, Hippolyte Bayard a expérimenté le positif direct sur papier et William Henry Fox Talbot a développé le calotype, fondé sur le principe du négatif permettant de réaliser plusieurs tirages positifs.
Pourtant, aucun de ces procédés ne répond encore parfaitement à toutes les attentes des photographes. Le daguerréotype offre une grande finesse de détail, mais produit une image unique. Le calotype permet la reproduction grâce au négatif sur papier, mais la texture du papier limite la précision de l’image. Les photographes cherchent donc un procédé capable de réunir la qualité du daguerréotype et la possibilité de reproduction offerte par le calotype.
C’est dans ce contexte qu’intervient Frederick Scott Archer. En 1851, cet Anglais met au point un procédé utilisant du collodion sur une plaque de verre. Le principe du négatif reproductible est conservé, mais le papier est remplacé par un support beaucoup plus lisse et régulier. Cette modification va considérablement améliorer la précision des images et faire du collodion humide l’un des procédés photographiques les plus importants du XIXe siècle.
Qui était Frederick Scott Archer ?
Frederick Scott Archer naît en Angleterre en 1813. Il commence sa carrière comme sculpteur et s’intéresse à la représentation des personnes et des objets. Comme beaucoup d’artistes de son époque, il découvre rapidement les possibilités offertes par la photographie, qui peut servir à préparer ou à compléter le travail du dessinateur et du peintre.

Au début des années 1850, la photographie connaît déjà un développement important. Les ateliers utilisent le daguerréotype, tandis que les procédés sur papier de Fox Talbot et de ses continuateurs ouvrent une autre voie. Archer cherche alors une solution permettant d’obtenir des négatifs plus précis que ceux réalisés sur papier.
Son attention se porte sur le collodion, une substance capable de former une fine couche sur une plaque de verre. L’idée est particulièrement intéressante : le verre est parfaitement lisse et transparent, ce qui permet d’obtenir une surface beaucoup plus régulière que le papier.
Archer va ainsi chercher à associer ce support à des substances photosensibles à base de sels d’argent. Ses expériences vont aboutir à un procédé qui modifie profondément la pratique photographique.
Pourquoi fallait-il améliorer les procédés précédents ?
Pour comprendre l’importance de l’invention d’Archer, il faut revenir aux techniques qui l’ont précédée.
Le daguerréotype présente une qualité d’image remarquable pour son époque, mais chaque plaque constitue une photographie unique. Il n’existe pas de négatif permettant de fabriquer plusieurs exemplaires de la même image.
Le calotype de Talbot apporte une solution à ce problème. Son négatif sur papier peut servir à réaliser plusieurs positifs. La photographie devient donc reproductible. Mais le papier possède une structure fibreuse qui intervient dans la qualité de l’image. Même lorsque la feuille est soigneusement préparée, sa texture peut réduire la finesse des détails.
Les photographes recherchent donc un support qui puisse conserver le principe du négatif reproductible tout en offrant une surface beaucoup plus régulière.
Le verre semble particulièrement adapté à cette fonction. Il est transparent, parfaitement lisse et peut recevoir une couche photosensible. Si cette couche est suffisamment régulière, elle permet d’enregistrer les détails avec beaucoup plus de précision.
C’est précisément cette voie que Frederick Scott Archer va explorer.
Le collodion : une nouvelle solution photographique
Le collodion est une substance à base de nitrocellulose dissoute dans un mélange de solvants. Dans le procédé d’Archer, il sert de support à des substances contenant notamment des iodures.
Le photographe verse le collodion sur une plaque de verre et l’étale afin de former une couche mince et régulière. La plaque est ensuite sensibilisée dans une solution de nitrate d’argent. Elle devient alors sensible à la lumière et peut être utilisée pour réaliser une photographie.
Mais cette préparation possède une particularité essentielle : la plaque doit rester humide pendant les opérations photographiques.
Le photographe doit donc travailler rapidement. Il prépare la plaque, la sensibilise, l’expose dans l’appareil puis la développe avant que la couche de collodion ne sèche. C’est cette contrainte qui explique le nom de collodion humide.
Le procédé constitue une amélioration importante, mais il demande une organisation beaucoup plus complexe que la photographie moderne.
1851 : le collodion humide entre dans l’histoire de la photographie
Frederick Scott Archer publie les détails de son procédé en 1851. La Royal Photographic Society situe cette publication en mars 1851 dans la revue The Chemist. Le procédé arrive alors à un moment où les photographes recherchent précisément une solution permettant d’obtenir des négatifs détaillés tout en conservant la possibilité de réaliser plusieurs tirages.
Cette même année, la Grande Exposition de Londres témoigne du développement rapide des sciences, des techniques et des arts industriels. La photographie y occupe une place croissante et montre qu’elle est désormais bien plus qu’une simple curiosité scientifique.
Le procédé d’Archer arrive donc à un moment particulièrement favorable. Les premières expériences photographiques appartiennent déjà au passé et les photographes cherchent maintenant à rendre la technique plus précise, plus rapide et plus facilement exploitable.
Le collodion humide va répondre à une grande partie de ces attentes.
Comment fonctionne le collodion humide ?
Le fonctionnement du procédé peut être résumé en plusieurs étapes. Tout commence avec une plaque de verre parfaitement nettoyée. Le photographe verse ensuite du collodion sur sa surface afin de former une couche mince et régulière.
La plaque est ensuite plongée dans un bain de nitrate d’argent. Cette opération la rend photosensible. Elle doit alors être installée dans l’appareil photographique pendant que le collodion est encore humide.
Lorsque l’objectif est ouvert, la lumière atteint la couche photosensible et forme l’image. Après l’exposition, le photographe doit rapidement développer la plaque à l’aide d’un révélateur. L’image négative apparaît alors progressivement sur le verre.
La plaque est ensuite fixée et lavée. Une fois terminée, elle constitue un négatif sur verre.
Ce négatif peut être placé contre un papier photosensible afin de réaliser un tirage positif. On retrouve donc le principe fondamental développé quelques années auparavant par Talbot :
prise de vue → négatif → tirage positif.
La grande différence est que le négatif n’est plus réalisé sur papier, mais sur verre.
Pourquoi le verre améliore-t-il la qualité des images ?
Le changement de support peut sembler secondaire, mais il est en réalité déterminant.
Une feuille de papier possède une structure composée de fibres. Même lorsqu’elle est préparée avec soin, cette structure peut intervenir dans l’image et réduire la finesse des détails.
Le verre offre une surface beaucoup plus régulière. La couche photosensible peut être déposée directement sur cette surface et enregistrer les détails avec davantage de précision.
Le négatif obtenu est ainsi beaucoup plus fin que celui produit par les premiers procédés sur papier.
Cette évolution permet au collodion de réunir deux qualités qui semblaient jusque-là difficiles à associer : une grande précision et la possibilité de reproduire l’image.
Le photographe ne dispose donc plus seulement d’une photographie unique. Il possède un négatif détaillé qui peut servir à produire plusieurs tirages.
Le collodion face au calotype
La comparaison avec William Henry Fox Talbot permet de comprendre la véritable importance de l’invention d’Archer.
Le calotype utilise un négatif sur papier. Le photographe peut ensuite produire plusieurs positifs à partir de ce négatif. Le système est donc reproductible, mais le papier limite la définition.
Le collodion humide conserve exactement cette logique de reproduction, mais remplace le papier par une plaque de verre.
Le verre permet d’obtenir une image beaucoup plus précise. Les photographes peuvent donc produire des tirages détaillés tout en conservant leur négatif comme matrice.
Le procédé d’Archer n’efface donc pas l’invention de Talbot. Il la perfectionne sur un autre support.
C’est l’une des caractéristiques importantes de l’histoire de la photographie : les inventions successives ne remplacent pas toujours complètement les précédentes. Elles en reprennent souvent les principes et cherchent à résoudre leurs principales limites.
Le collodion face au daguerréotype
La comparaison avec le daguerréotype est également intéressante.
Le daguerréotype produit directement une image sur une plaque métallique. Sa finesse est remarquable et constitue l’une de ses grandes qualités. Mais chaque plaque est une image unique.
Le collodion humide fonctionne différemment. La plaque de verre contient un négatif et non l’image positive finale. Elle peut donc servir à réaliser plusieurs tirages.
Le photographe bénéficie ainsi d’une plus grande liberté.
Il peut conserver le négatif et réaliser ultérieurement de nouveaux exemplaires de la photographie. Une même prise de vue peut donc circuler sous différentes formes.
Le collodion apparaît ainsi comme une sorte de compromis entre les qualités des procédés précédents : il cherche à conserver la finesse du daguerréotype tout en offrant la reproductibilité du système négatif-positif.
Une photographie plus rapide
Le collodion humide apporte également une amélioration importante concernant les temps de pose.
Les premières photographies nécessitaient souvent des expositions très longues. Les progrès réalisés dans la chimie photographique permettent progressivement d’augmenter la sensibilité des supports.
Avec le collodion humide, les temps de pose deviennent suffisamment courts pour permettre une pratique photographique beaucoup plus diversifiée. Ils peuvent varier fortement selon la lumière et les conditions de prise de vue, mais la photographie extérieure devient désormais beaucoup plus réaliste.
Cette évolution profite notamment au portrait, à l’architecture et au paysage.
Les photographes peuvent enregistrer davantage de détails et travailler dans des situations qui auraient été beaucoup plus difficiles avec les procédés précédents.
La photographie commence alors à sortir progressivement du domaine des expériences scientifiques pour devenir une véritable pratique professionnelle.
Une contrainte majeure : travailler avec une plaque humide
Le collodion humide possède cependant un défaut important. La plaque doit être préparée, exposée et développée alors que le collodion est encore humide.
Le photographe ne peut donc pas simplement préparer plusieurs plaques chez lui, les ranger dans un sac et partir photographier toute la journée. Il doit emporter une partie de son laboratoire avec lui. Pour travailler en extérieur, il lui faut notamment :
- des plaques de verre soigneusement nettoyées ;
- du collodion ;
- du nitrate d’argent ;
- des révélateurs et des produits de fixage ;
- de l’eau ;
- différents récipients et accessoires ;
- un espace suffisamment sombre pour préparer et développer les plaques.
La photographie au collodion humide exige donc une véritable organisation.
Les photographes installent souvent des laboratoires mobiles, parfois sous forme de tentes ou de petites chambres noires transportables.
Le photographe moderne qui sort simplement son appareil de son sac est très loin de cette réalité.
Le laboratoire accompagne le photographe
Cette contrainte peut sembler paradoxale.
Le collodion rend la photographie plus performante, mais il oblige aussi le photographe à transporter davantage de matériel.
Pour réaliser une seule photographie, il faut préparer la plaque, la sensibiliser, la placer dans l’appareil, réaliser la prise de vue, puis revenir immédiatement au laboratoire pour la développer. Une photographie extérieure devient donc une véritable opération technique.
Le photographe doit également surveiller la température, la lumière, la préparation des produits et l’état des plaques. Une erreur de manipulation peut entraîner la perte de l’image.
Cette difficulté n’empêche pourtant pas le procédé de se répandre. Sa qualité d’image est suffisamment intéressante pour que les photographes acceptent ces contraintes.
Le collodion favorise la photographie d’architecture
L’une des grandes bénéficiaires du procédé est la photographie d’architecture.
Les bâtiments ne bougent pas et constituent donc des sujets parfaitement adaptés aux temps de pose encore relativement importants.
Les photographes peuvent enregistrer avec précision les façades, les sculptures, les détails architecturaux et les monuments. La photographie devient ainsi un outil précieux pour documenter le patrimoine.
Au XIXe siècle, de nombreux édifices vont être photographiés sous différents angles. Certaines de ces images constituent aujourd’hui des témoignages historiques précieux, notamment pour des bâtiments qui ont depuis été transformés ou qui ont disparu.
Le collodion accompagne donc le développement d’une photographie qui n’est plus seulement destinée au portrait ou à la curiosité scientifique.
Elle devient également documentaire.
Le développement de la photographie de voyage
Le procédé favorise également la photographie de voyage.
Les photographes peuvent désormais réaliser des négatifs de paysages, de villes et de monuments avec une finesse supérieure à celle des anciens procédés sur papier.
Mais les voyages restent des expéditions particulièrement lourdes. Le photographe doit transporter son appareil, ses plaques de verre, ses produits chimiques et son laboratoire mobile. Il faut également prévoir suffisamment d’eau et protéger les produits pendant le transport.
Malgré ces difficultés, les photographes partent de plus en plus loin. Ils rapportent des vues de monuments, de paysages et de villes qui vont circuler sous forme de tirages.
La photographie devient ainsi un moyen de faire découvrir des lieux à des personnes qui ne peuvent pas les visiter.
Le collodion et le développement du portrait
Le portrait photographique bénéficie lui aussi des progrès apportés par le collodion.
Le daguerréotype avait déjà permis au portrait photographique de connaître un succès considérable. Mais l’impossibilité de réaliser plusieurs exemplaires identiques constituait une limitation.
Avec le négatif sur verre, un même portrait peut être tiré plusieurs fois. Une famille peut commander plusieurs exemplaires d’une photographie. Le photographe peut conserver le négatif et réaliser de nouveaux tirages plus tard.
Cette possibilité favorise le développement des studios photographiques. La photographie devient progressivement un service commercial.
Le portrait n’est plus réservé à une élite capable de commander un tableau peint. Il commence à devenir une forme d’image accessible à un public beaucoup plus large.
Le négatif sur verre et le tirage positif
Le négatif obtenu au collodion n’est pas destiné à être regardé comme une photographie finale.
Il constitue une matrice.
Une fois le négatif développé et fixé, il est placé contre un papier photosensible. La lumière traverse plus ou moins facilement les différentes parties du verre en fonction des zones du négatif. Après exposition et traitement chimique, le papier donne une image positive.
Cette méthode permet de réaliser plusieurs tirages à partir d’un même négatif.
Le photographe peut donc conserver ses plaques comme une véritable collection d’originaux photographiques. Cette organisation annonce le fonctionnement des archives photographiques modernes.
Pendant des décennies, les photographes vont conserver des négatifs afin de pouvoir réaliser de nouveaux tirages.
Le développement du papier albuminé
Le succès du négatif au collodion accompagne également celui du papier albuminé. Ce papier, préparé notamment avec de l’albumine issue du blanc d’œuf, permet d’obtenir des tirages photographiques relativement fins et détaillés.
Le négatif sur verre et le tirage sur papier albuminé forment ainsi un couple particulièrement efficace. Le photographe dispose d’un négatif précis et d’un support papier capable de restituer une grande partie des détails enregistrés.
Cette combinaison va être largement utilisée au cours de la seconde moitié du XIXe siècle. Elle permet notamment la production d’albums, de portraits, de vues d’architecture et de photographies de voyage.
La photographie entre alors véritablement dans l’ère de la reproduction.
Archer et la diffusion de son invention
Une particularité importante du travail de Frederick Scott Archer est qu’il ne cherche pas à verrouiller son invention derrière un brevet. Il publie les détails du procédé afin que les photographes puissent l’utiliser et l’améliorer.
Cette diffusion favorise rapidement son adoption. Le procédé intéresse de nombreux praticiens qui cherchent eux aussi à obtenir des négatifs plus précis. La technique va cependant donner lieu à une controverse avec Talbot, qui estime que certains éléments du collodion pourraient relever de son propre brevet du calotype.
Cette question donne lieu à des discussions et à des procédures judiciaires. Finalement, le procédé d’Archer peut continuer à être utilisé largement.
Son invention va donc se diffuser rapidement parmi les photographes européens.
Une nouvelle génération de photographes
À partir des années 1850, le collodion accompagne l’apparition d’une véritable communauté photographique. Les photographes échangent leurs expériences, publient des informations techniques, organisent des expositions et créent des sociétés consacrées à la photographie.
Le médium commence à se structurer.
Les photographes ne sont plus seulement des inventeurs isolés travaillant chacun dans leur laboratoire. Ils forment progressivement un milieu professionnel et artistique.
Le collodion contribue à cette évolution parce qu’il fournit un procédé suffisamment performant pour être utilisé dans de nombreux domaines :
- portrait ;
- paysage ;
- architecture ;
- photographie de voyage ;
- reproduction d’œuvres d’art ;
- documentation scientifique ;
- patrimoine.
La photographie devient ainsi un véritable outil de représentation de la société du XIXe siècle.
Le collodion au service du patrimoine
La précision des négatifs sur verre est particulièrement précieuse pour la photographie du patrimoine.
Les monuments peuvent être enregistrés avec une quantité de détails importante. Les photographes peuvent documenter les façades, les sculptures, les décors et les paysages environnants.
En France, cette évolution accompagne notamment les premières grandes campagnes photographiques consacrées au patrimoine architectural.
La Mission héliographique de 1851 constitue un exemple majeur. Plusieurs photographes sont chargés de parcourir la France afin de photographier des monuments et des édifices.
Hippolyte Bayard, que nous avons étudié précédemment, participe à cette mission aux côtés notamment de Gustave Le Gray, Henri Le Secq et Édouard Baldus.
Le parcours de Bayard permet donc de faire le lien entre les premières expériences de 1839 et cette nouvelle photographie documentaire rendue possible par les progrès techniques.
Les limites du collodion humide
Malgré ses qualités, le collodion humide reste une technique exigeante.
La première difficulté est son caractère humide. Le photographe doit travailler rapidement entre la préparation de la plaque et son développement.
Le matériel est lourd et fragile. Les plaques de verre peuvent se casser. Les produits chimiques doivent être transportés avec précaution et utilisés dans de bonnes conditions. Le procédé demande également une véritable connaissance de la chimie photographique. Le photographe doit savoir préparer correctement les solutions, maîtriser l’exposition et adapter le développement aux conditions rencontrées. La photographie reste donc une pratique technique.
Il faut encore attendre une nouvelle évolution pour que les plaques puissent être préparées à l’avance et utilisées beaucoup plus facilement.
Vers les plaques sèches
Les contraintes du collodion humide poussent naturellement les chercheurs à chercher une solution.
L’objectif est simple : pouvoir préparer une plaque photosensible à l’avance, la conserver pendant un certain temps et l’utiliser plus tard sans avoir à transporter un laboratoire complet.
Les premières expériences sur les plaques sèches apparaissent progressivement. Mais les résultats restent longtemps imparfaits. La sensibilité et la conservation posent encore des problèmes.
Une nouvelle étape sera franchie avec le développement du gélatino-bromure d’argent, qui permettra de produire des plaques sèches beaucoup plus pratiques et sensibles.
Cette évolution interviendra plus tard, notamment dans les années 1870 et 1880.
La photographie pourra alors devenir beaucoup plus mobile. Le photographe n’aura plus besoin de préparer chaque plaque juste avant la prise de vue.
La mort de Frederick Scott Archer
Frederick Scott Archer meurt en 1857, à seulement quarante-quatre ans.
Il ne connaîtra donc pas toutes les conséquences de son invention.
Le procédé au collodion humide va pourtant continuer à se développer après sa disparition. Pendant plusieurs décennies, il restera l’un des principaux procédés photographiques utilisés pour réaliser des négatifs. Son invention va accompagner l’expansion de la photographie dans de nombreux domaines. Le portrait, le paysage, l’architecture, les voyages et la documentation du patrimoine vont tous bénéficier de cette nouvelle qualité d’image.
Archer appartient ainsi à cette génération d’inventeurs dont les recherches vont transformer la photographie en une technique réellement exploitable.
L’héritage de Frederick Scott Archer
L’importance du collodion humide tient avant tout au fait qu’il réunit plusieurs qualités essentielles.
Le procédé conserve le principe du négatif reproductible introduit par Talbot, mais utilise le verre pour améliorer considérablement la précision de l’image. Il permet également de réduire les temps d’exposition et favorise ainsi le développement de nouveaux usages photographiques.
Le négatif sur verre va devenir pendant plusieurs décennies un élément central de la photographie. Il permettra aux photographes de conserver leurs images sous forme de plaques et de produire de nouveaux tirages lorsque cela sera nécessaire.
L’héritage d’Archer dépasse donc largement le procédé chimique lui-même. Il participe à la transformation de la photographie en un véritable système de production et de reproduction des images.
Du papier au verre
L’invention de Frederick Scott Archer constitue une étape décisive dans l’histoire de la photographie.
Après l’héliographie de Niépce, le daguerréotype de Daguerre, le positif direct de Bayard et le calotype de Talbot, le collodion humide apporte une nouvelle solution au problème de la précision et de la reproductibilité.
Talbot avait montré qu’un négatif pouvait servir à produire plusieurs positifs. Archer conserve cette idée, mais remplace le papier par une plaque de verre recouverte de collodion.
Le résultat est considérable : le négatif devient beaucoup plus précis tout en restant reproductible.
La photographie gagne ainsi une nouvelle qualité d’image, mais au prix d’une contrainte importante. La plaque doit être préparée, exposée et développée alors que le collodion est encore humide. Le photographe doit donc transporter avec lui une véritable installation de laboratoire lorsqu’il travaille en extérieur.
Cette difficulté va naturellement conduire aux recherches sur les plaques sèches.
La prochaine grande étape sera celle du gélatino-bromure d’argent, qui permettra de préparer les supports photographiques à l’avance et de simplifier considérablement le travail du photographe.
Le parcours des premiers procédés photographiques devient alors particulièrement lisible. Niépce cherche à fixer l’image, Daguerre obtient une image directe très détaillée, Bayard expérimente le positif direct sur papier, Talbot introduit le négatif reproductible et Archer perfectionne ce négatif en le transférant sur verre.
Chaque invention apporte ainsi une réponse à une difficulté particulière.
La photographie n’est plus seulement une expérience réalisée dans une chambre noire. Elle devient progressivement un procédé reproductible, précis et suffisamment performant pour documenter les paysages, les monuments, les œuvres d’art, les villes et les personnes.
Avec le collodion humide, elle entre véritablement dans une nouvelle période de son histoire : celle où l’image photographique peut être multipliée, conservée sous forme de négatif et diffusée à grande échelle.
Frederick Scott Archer était un photographe anglais du XIXe siècle. Il était surtout connu pour avoir inventé le procédé du collodion humide, une technique photographique qui était très populaire dans les années 1850 et 1860.
Scott Archer a développé ce procédé photographique
Archer a développé ce procédé photographique en utilisant une plaque de verre recouverte de collodion, une solution de nitrate de cellulose mélangée à de l’éther et de l’alcool. Cette plaque était ensuite plongée dans un bain de nitrate d’argent. Ceci créait une émulsion photosensible.

Le collodion humide a permis aux photographes de produire des images plus nettes et plus détaillées, avec des temps de pose plus courts que les procédés précédents. Cette technique a été utilisée pour capturer des portraits, des paysages et des scènes de la vie quotidienne, ainsi que pour documenter l’histoire, l’art et la science.
Archer était un pionnier de la photographie. Et il a travaillé avec d’autres inventeurs de son temps, tels que Nicéphore Niepce et Louis Daguerre, pour développer de nouveaux procédés photographiques. Son travail avec le collodion humide a influencé de nombreux autres photographes comme Nadar . Et il a contribué de manière significative à l’histoire de la photographie.
Malheureusement, Archer est décédé en 1857. Il n’a pas pu bénéficier pleinement de la reconnaissance pour son travail. Cependant, son invention a continué à être utilisée et a inspiré d’autres procédés photographiques, tels que les autochromes et les plaques de verre. Aujourd’hui, le collodion humide est souvent utilisé dans des procédés photographiques alternatifs. En particulier, il s’utilise par des photographes qui cherchent à recréer l’esthétique du XIXe siècle. Le processus est souvent considéré comme difficile et coûteux. Mais les résultats sont appréciés pour leur beauté photographique unique. Alors que les techniques et les supports photographiques ont évolué depuis que Frederick Scott Archer a inventé le collodion humide, son importance en tant que pionnier de la photographie reste bien établie dans l’histoire de la photographie.
